17 Nov, 2018
vendredi, 15 juin 2018 16:16

5 ans après la sentence de la République Dominicaine, le sort des personnes affectées est jeté aux oubliettes

La responsable de Communication et Plaidoyer au GARR, Géralda Sainville, des représentant-e-s d'organisations dominicaines et des représentant-e-s d'organisations travaillant à la frontière La responsable de Communication et Plaidoyer au GARR, Géralda Sainville, des représentant-e-s d'organisations dominicaines et des représentant-e-s d'organisations travaillant à la frontière Photo: Archives GARR

Un atelier binational a été réalisé, les 26 et 27 avril 2018, conjointement par le GARR et OBMICA, sur la situation des personnes affectées par la sentence 168-13 de la République Dominicaine. Lors de ces deux journées, une étude sur la systématisation des profils non résolus par la loi 169-14 a été présentée à l’assistance.

 

Des représentantes et représentants d’organisations travaillant à la frontière, des autorités locales ainsi que des représentantes et représentants d’institutions étatiques notamment IBESR, ONM, BPM, des journalistes de medias locaux et nationaux ont participé à ces deux journées de travail au local de GARR à Matéguasse, Belladère.

Après les mots d’ouverture de M Sterlin Charles, Vice-délégué de ville de Belladère, Mme Géralda Sainville, la Responsable de Communication et Plaidoyer du GARR a fait la mise en contexte de l’atelier auquel ont pris part plusieurs représentantes et représentants d’organisations dominicaines. Mme Sainville a aussi présenté des éléments qui affaiblissent les relations binationales entre Haïti et la République Dominicaine. Elle a pris en exemple les évènements de Pedernales qui fragilisent les relations entre les deux pays. Selon elle, il revient maintenant aux deux Etats de dialoguer de manière franche pour trouver des solutions favorables aux rapports des deux peuples.

Les analyses tirées de l’intervention de Noémie Araujo et Jonathan Pitts, deux représentants de l’Observatoire de recherche sur la migration dans la Caraïbes(OBMICA) montrent la situation reste toujours inquiétante pour les profils considérés comme étant groupes « A »et « B ». Leurs interventions ont été soutenues par les témoignages de trois personnes qui correspondent aux profils présentés. Ces personnes expulsées ont été accueillies au bureau du GARR de Belladere.

La loi 169-14 qui est la loi de naturalisation a suscité l'espoir de résoudre les graves problèmes de dépossession de la nationalité dominicaine et d'apatridie générés par la sentence 168-13. Cette loi, qui est censée être une réponse du gouvernement dominicain, dirigé par le président Danilo Medina, en prétextant résoudre la situation, est restrictive en termes de droits et loin de résoudre le problème. Au contraire, elle le rend plus complexe. Aujourd’hui, la société dominicaine est confuse, il n’a pas vraiment un groupe homogène qui serait A ou B. Selon les deux intervenants, pour le groupe dit « A », on trouve deux profils, ceux qui sont enregistrés et dont leurs documents sont retranscrits dans un autre registres et ceux qui sont non-enregistrés. Pour le groupe dit «  B », les concernés doivent passer par la naturalisation, mais ils doivent avoir des documents de leur pays d’origine.

L’atelier de deux journées a été réalisé dans l’objectif de montrer cette complexité et la nécessité de rendre visible ce problème qui affecte de manière disproportionnée les Dominicains et Dominicaines d'origine haïtienne, laissant plus de 133 000 personnes en état d'apatridie, selon les données fournies par le HCR dans son rapport de 2015.

C’était aussi l’occasion d’attirer l’attention sur l’échéance du mois d’août 2018 qui est la dernière prolongation des cartes de résidence provisoire des personnes inscrites dans le Plan national de Régularisation des Etrangers(PNRE). Car comme l’a bien expliqué Dominique Rincon, le juriste dominicain, ce programme ne présente aucun élément clair pouvant projeter un avenir assurant pour les 250 000 personnes inscrites qui sont en majorité des migrantes et migrants haïtiens.

Des sessions de travail en groupe ont été réalisées en vue de recueillir les propositions des participantes et participants qui seront retranscrites dans un rapport. Ce document sera présenté en Espagnol et en Français pour envoyer aux autorités des deux pays.

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Dernière modification le vendredi, 15 juin 2018 16:35

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